Saturday, November 22, 2008
Schizophrénie : une hypothèse hallucinante

Une nouvelle surprenante :
Saisonnalité (pics de naissance hivernale), rôle d’une « mère pathogène » pour tel psychanalyste, ou de « la forclusion du nom /non du père » pour son collègue lacanien, part des gènes ou des hallucinogènes pour d’autres (versant dans l’allitération), communication paradoxale pour l’École de Palo Alto et son « double lien »… Les théories sur l’étiologie de la schizophrénie sont multiples. Et parfois cycliques. Comme le prouve une étude anglaise, publiée dans le British Journal of Psychiatry, où l’auteur défend une thèse ancienne sur la responsabilité de certaines affections ORL en psychiatrie.Dès 1890, des aliénistes pensaient que certaines maladies mentales pouvaient résulter d’une pathologie infectieuse de l’oreille moyenne, source d’irritation possible du cerveau (vu leur proximité anatomique), en particulier du lobe temporal, impliqué dans les conceptions actuelles sur la schizophrénie. Peter Mason a réexaminé cette hypothèse séculaire après avoir observé un cas de schizophrénie survenu à la suite d’une intervention chirurgicale pour mastoïdite. Il a vérifié que les antécédents affectant l’oreille moyenne (middle-ear disease) sont effectivement plus fréquents chez les schizophrènes que dans la population générale. Cela vaut encore davantage pour l’oreille gauche, fait qu’il est tentant de rapprocher de l’asymétrie fonctionnelle des hémisphères cérébraux.L’étude de P Mason et coll. montre aussi que les hallucinations auditives sont associées à ces antécédents ORL, mais pas à une perte de l’audition. Cette découverte est très intéressante, car elle écarte une autre interprétation possible du lien entre oreille et psychose, la carence de stimulations sonores qui entraînerait un isolement préjudiciable à la socialisation : si ce déterminisme prévalait, la surdité constituerait en elle-même un facteur de risque pour la psychose, contrairement au constat des auteurs éliminant une corrélation entre hallucinations auditives et surdité. Après leur indication contre l’ulcère de l’estomac, maladie réputée « typiquement psychosomatique » jusqu’à la découverte d’Helicobacter pylori, les antibiotiques auront-ils un jour leur place dans la prévention de la schizophrénie ?

Peter Mason : Middle-ear disease and schizophrenia : case-control study. Br J of Psychiatry 2008 ; 193 : 192-196.

En restant sur le même thème, mais selon le site Derrière la nouvelle :
Des chercheurs montréalais percent l’un des mystères de la schizophrénie.

La schizophrénie est associée à des désordres inflammatoires, affirment des chercheurs montréalais, confirmant du coup une hypothèse répandue dans le milieu médical. Après avoir compilé et analysé les données de 62 recherches sur le sujet, l’équipe du pharmacologue Édouard Kouassi, de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, a pu étudier les caractéristiques de près de 3000 schizophrènes.
Des études à suivre!

[by circushead]

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posted by Josy at 8:04 PM |


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